Nova Scotia Archives

Souvenirs d'une paroisse acadienne

Les registres de St. Jean-Baptiste, Annapolis Royal, 1702-1755


Quatre siècles ont passé depuis que les premiers explorateurs français atteignirent les côtes d’une terre qu’ils nommèrent Acadie, un territoire qui comprenait la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard actuelles, de même qu’une partie du Nouveau-Brunswick et du Maine. En 1605, ces explorateurs, qui étaient aussi des marchands en quête d’aventure, fondèrent le premier établissement de la colonie, Port-Royal, un petit avant-poste européen sur la rive nord du bassin de l’Annapolis qui est un sous-bassin de la baie de Fundy.

Les premières années de la colonie furent précaires. La véritable colonisation et la croissance ne commencèrent que dans les années 1630. Toutefois, en 1611, les premiers missionnaires jésuites étaient déjà présents pour évangéliser les Mi’kmaq et pourvoir aux besoins spirituels des quelques résidents français. En 1613, ils fondèrent la paroisse Saint-Jean-Baptiste, souvent citée comme étant la plus vieille paroisse au Canada.

Pendant près de 150 ans, la paroisse fut le point d’ancrage de la population locale qui continuait de grandir. Cette population était composée de fermiers venus de France, forts de leurs connaissances en agriculture, en élevage et en mise en valeur des terres. Il s’agissait aussi d’une population profondément attachée à la religion catholique romaine et à ses institutions. Collectivement, et avec l’expansion de la colonie à l’extérieur des environs de Port-Royal, les colons français prirent le nom d’Acadiens.

L’histoire des débuts de l’Acadie est ponctuée de destruction et de pertes. Au cours des 150 premières années de la collectivité, il y aurait eu cinq différentes églises de construites pour servir la paroisse Saint-Jean-Baptiste, peut-être même plus. Cependant, toutes ces églises furent détruites avec le temps, soit par le feu soit lors d’attaques car à cette époque les Français et les Anglais étaient engagés dans un bras-de-fer pour la possession du territoire, bras-de-fer qui dura un siècle. Compte tenu de tous ces bouleversements, il n’est pas étonnant que peu de registres aient survécus.

En 1713, le traité d’Utrecht cédait la partie continentale de la Nouvelle-Écosse à l’Angleterre pour toujours. Port-Royal devint Annapolis Royal et la colonie prit le nom de Nova Scotia. Cependant, l’évènement marquant de l’histoire des Acadiens, le Grand Dérangement, survint en 1755 quand les Acadiens furent expulsés.

L’expulsion commença au début de l’automne de 1755 et se poursuivit de façon intermittente au cours des années suivantes. Les troupes britanniques et de la Nouvelle-Angleterre rassemblèrent la plupart des Acadiens, hommes femmes et enfants. Ils les mirent à bord de navires de transport et les chassèrent de la colonie qui était leur foyer. Les navires les amenèrent à divers endroits éloignés, notamment en Nouvelle-Angleterre, aux Antilles, en Grande-Bretagne et en France.

Cet évènement marquant signifia la destruction, la perte ou le transfert presque total de tout registre qui aurait pu exister dans les collectivités agraires isolées et qui aurait pu survivre aux premiers troubles de la colonie.


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