Nova Scotia Archives

Les Afro-Néo-Écossais

à l'époque de l'esclavage et de l'abolition


Loyalistes noirs, 1783-1792

La population afro-néo-écossaise resta relativement réduite jusqu'en 1783. La période qui suivit la guerre de l'Indépendance américaine amena en Nouvelle-Écosse davantage d'esclaves et un grand nombre de colons noirs affranchis. Durant la guerre, les autorités britanniques en Amérique offraient la liberté aux esclaves de rebelles qui quittaient leur propriétaire pour se rallier aux troupes britanniques. De nombreux Afro-américains asservis profitèrent de cette occasion pour échapper à l'esclavage. Certains de ces Noirs affranchis effectuaient un service militaire aux côtés de l'armée britannique, tandis que d'autres exerçaient des fonctions non militaires. Vers la fin de la guerre, la plupart d'entre eux convergèrent vers New York, où se trouvait le quartier général britannique. Ils arrivèrent en Nouvelle-Écosse entre avril et novembre 1783 sur des navires de la marine et sur des bateaux privés affrétés par les Britanniques.

En 1784, plus de 3000 Noirs affranchis avaient immigré en Nouvelle-Écosse, qui couvrait alors le Nouveau-Brunswick d'aujourd'hui. Ces immigrants venaient de la Virginie, de la Géorgie, de la Caroline du Sud, de New York et du New Jersey, ainsi que de certaines régions de la Nouvelle-Angleterre. Parmi eux se trouvaient des hommes et des femmes de talent, comme le pasteur David George et l'institutrice Catherine Abernathy, ainsi qu'un nombre considérable d'ouvrier qualifiés et d'artisans. Parmi eux se trouvait également le père de Rose Fortune, « Fortune - un nègre affranchi », qui apparaît sur la liste d'appel des Loyalistes à Annapolis en juin 1784. Parmi les autres immigrants, notons des membres des Pionniers noirs, le seul régiment noir officiel du côté britannique durant la guerre de l'Indépendance. Il y avait également un certain nombre de pilotes, comme London et James Jackson, qui avaient été employés par les Britanniques durant la guerre.

Les immigrants fondèrent des établissements dans toute la colonie. Le plus important se trouvait à Birchtown, près de Shelburne, et sa population initiale était d'environ 1500 personnes. Les colons de Birchtown gagnaient leur vie grâce à la pêche, au bûcheronnage, au défrichage et à la chasse. Les autres établissements étaient Brindley (Brinley) Town (près de Digby), Preston, Birchtown (dans le comté de Guysborough), Negro Line (aujourd'hui Southville, dans le comté de Digby) et Birchtown (région de Princedale-Virginia East-Graywood, dans le comté d'Annapolis). Un groupe d'environ 170 s'établirent à Old Tracadie Road (dans le comté de Guysborough).

En dépit du nombre considérable d'immigrants noirs affranchis, l'esclavage fut un élément important de l'arrivée des Loyalistes en Nouvelle-Écosse. Jusqu'à 3000 esclaves afro-américains furent amenés en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et dans l'Île-du-Prince-Édouard par des Loyalistes qui s'en servaient comme domestiques, comme ouvriers et comme ouvriers agricoles.

Durant l'été 1784, le lieutenant-colonel Morse, CE, indiquait 1232 esclaves sur sa liste de soldats démobilisés et de Loyalistes établis en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et dans l'Île-du-Prince-Édouard. Toutefois, il excluait Shelburne, où les esclaves étaient les plus nombreux ainsi que d'autres endroits comme Halifax et le Cap-Breton, où l'on trouvait également des esclaves de Loyalistes. Le nombre des esclaves à Shelburne s'élevait à 1269, comme le montre un rapport sur le nombre des personnes y recevant des rations du gouvernement le 8 janvier 1784. Le total combiné des deux rapports s'élève à 2500, le double du chiffre initialement cité. La plupart des rédacteurs historiques ont sous-estimé l'étendue de l'esclavage et son impact en Nouvelle-Écosse, à l'exception notamment de Carrie Best. Dans son ouvrage That Lonesome Road (1977), elle observait que « l'esclavage en tant qu'institution était florissant en Nouvelle-Écosse » et elle affirmait que « toute la province était à une certaine époque une plantation esclavagiste ». Pearleen Oliver, dans son ouvrage A Root and a Name (1977), parlait également de la Nouvelle-Écosse comme d'une « culture esclavagiste autrefois florissante ».

En 1790, de nombreux Noirs affranchis se montraient de plus en plus mécontents des conditions de vie en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Environ 1200 d'entre eux acceptèrent l'offre de la Sierra Leone Company (une organisation anti-esclavagiste britannique) de les établir en Sierra Leone, sur la côte atlantique de l'Afrique occidentale. Environ 1000 Néo-Écossais s'en allèrent. La plupart venaient de Birchtown (comté de Shelburne), de Preston et des environs, de Digby et d'Annapolis. Presque tous les résidents noirs de Preston et de Brinley Town quittèrent la province. Les émigrants partirent en bateau de Halifax pour la Sierra Leone le 15 janvier 1792. Parmi eux se trouvaient des dirigeants communautaires comme David George (Shelburne), Boston King (Preston) et Joseph Leonard (Brinley Town). Stephen Skinner, agent du gouvernement local à Shelburne, décrivit ces émigrants comme des fermiers, des ouvriers qualifiés et des soldats. Ils avaient en leur possession des outils, quelques mousquets, ainsi que des tables, des lits, des commodes et des rouets. Certaines familles, dont celle de David George, emmenèrent même leurs chiens.

La majorité des Afro-Néo-Écossais libres décidèrent de rester. Ce fut le cas de la communauté noire de Halifax et de la plupart des anciens Pionniers noirs et des pilotes noirs. Stephen Blucke (Birchtown) et Thomas Brownspriggs (Tracadie) sont deux enseignants et dirigeants communautaires qui restèrent en Nouvelle-Écosse. Avant l'exode, Blucke mit en garde le lieutenant-gouverneur Parr contre l'expédition en Sierra Leone. Sa pétition, qui fut signée par 50 autres Noirs affranchis vivant dans le comté de Shelburne, prédisait que ceux qui iraient en Sierra Leone seraient « complètement annihilés ». Des observateurs blancs de l'époque notèrent les coûts économiques de l'exode. Stephen Skinner écrivit que la colonie avait été « privée de plus de cinq cent bons et valeureux citoyens... . » Gideon White de Shelburne décrivit l'exode comme « une perte considérable ».

Les efforts des Afro-Néo-Écossais libres pour obtenir des terres, les améliorer et établir leurs propres communautés eurent un impact considérable. Les interactions entre les Afro-Néo-Écossais libres et ceux qui étaient toujours en esclavage influencèrent probablement beaucoup les attitudes et les attentes des esclaves. Les esclaves s'échappaient en nombres toujours croissants, car ils avaient maintenant la possibilité de disparaître dans la population noire libre.


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Bail foncier et passeports de David George, 1779-1781
date: Recorded in orderly book at Halifax, late 1782 or early 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 pp. 332-3 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Certificats de Thomas Williams et de sa femme à titre de « Noirs nés libres », 1er juillet 1781
date: Recorded in orderly book at Halifax, late 1782 or early 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 p. 333 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Certificat de Ned, de sa femme et de sa famille les déclarant « nègres libres », 19 novembre 1779; passeport de Ned, de sa femme et de ses enfants, 14 octobre 1782
date: Recorded in orderly book at Halifax, 13 March 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 p. 336 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Passeport de Phillis Thomas, une « femme noire libre », 12 octobre 1782
date: Recorded in orderly book at Halifax, 14 March 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 p. 338 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Certificat de Michael Thomas le déclarant « négro libre avec sa femme et ses enfants », 24 juillet 1780
date: Recorded in orderly book at Halifax, 14 March 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 p. 338 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Passeport permettant à Cato Ramsay d'émigrer en Nouvelle-Écosse
date: 21 April 1783
numéro de référence: Gideon White family fonds  Nova Scotia Archives MG 1 vol. 948 no. 196 (microfilm no. 14960)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Passeport et certificat de John Williams, 19 avril 1783
date: Recorded in orderly book at Halifax, June or July 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 p. 341 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

« Book of Negroes »
date: [after 31 July 1783]
credit: The National Archives, Kew (PRO)
numéro de référence: Sir Guy Carleton Papers no. 10427 The National Archives, Kew PRO 30/55/100 (microfilm copy available at NSARM, microfilm no. 10149) click to view online

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Certificat de manumission pour James, un « enfant mulâtre » âgé de quatre mois
date: Recorded in orderly book at Halifax, October or November 1783
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 170 p. 350 (microfilm no. 15282)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Annonce au sujet d'un esclave fugitif
date: 9 December 1783
numéro de référence: Nova Scotia Archives Nova Scotia Gazette and Weekly Chronicle 09 December 1783 p. 4 (microfilm no. 8159)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

« Fortune — Un nègre libre »
date: 30 July 1784
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 376 pp. 52-3 (microfilm no. 15437)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Rose Fortune, Loyaliste (v. 1774-1864)
date: [1830s?]
Artist: unknown
numéro de référence: Nova Scotia Archives Documentary Art Collection: acc. no. 1979-147/56

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

« Liste des troupes et des Loyalistes démobilisés installés dans la province de Nouvelle-Écosse, liste établie durant l'été 1784 » dans « Une description générale de la province de Nouvelle-Écosse... par le lieutenant-colonel [Robert] Morse, ingénieur en chef en Amérique »
date: [after July 1784]
credit: By Permission of The British Library
numéro de référence: The British Library King's Mss. 208 folio 23

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

Pétition au nom des Pionniers noirs
date: 20 (?) August 1784
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 359 no. 65 (microfilm no. 15428)

theme: Loyalistes noirs, 1783-1792

« Liste des nègres et de leurs familles, établie dans le comté d'Annapolis entre le 28e jour de mai et le 30e jour de juin 1784 »
date: 5 September 1784
numéro de référence: Commissioner of Public Records  Nova Scotia Archives RG 1 vol. 376 pp. 73-7 (microfilm no. 15437)

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