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Musée Église Sainte-Marie, Pointe-de-l'Église

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Village de la plus grande église en bois en Amérique du Nord

La paroisse de Sainte-Marie est située presqu’au centre de Clare, dans une bande de terre qui borde la baie Sainte-Marie de Weymouth à Beaver River. On appelle communément cette région la « côte française ». Joseph Dugas, son épouse et leur fille Isabelle ont été les premiers à s'y établir. L'année suivante, en 1769, plusieurs familles sont arrivées du Massachusetts à pied; il s'agissait d'Acadiens qui avaient été déportés.

La première chapelle fut érigée dans la région de la baie Sainte-Marie en 1774 selon les plans du père Joseph Mathurin Bourg, le premier curé acadien à rendre visite aux nouveaux colons. On choisit alors Grosses Coques, c'est-à-dire le village où la population était concentrée. Il s'agissait d'une chapelle rectangulaire de seulement 100 pieds carrés d'une simplicité extrême, avec une porte, deux ouvertures en guise de fenêtres et des murs recouverts de planches irrégulières.

Le père Joseph Mathurin Bourg se rendit deux fois dans la région de la baie Sainte-Marie après 1774. Après sa dernière visite en 1786, une autre chapelle fut érigée sur une bande de terre qui avance dans la baie, d'où le nom de « Pointe-de-l'Église ». Cette chapelle fut placée à Pointe-de-l'Église, parce que la population avait davantage augmenté dans le sud de la région. Il s'agissait d'un bâtiment rectangulaire étroit presque identique à la chapelle construite en 1774.

Le 20 juin 1799 arriva le premier curé permanent, le révérend Jean-Mandé Sigogne, que sa congrégation appelait « père Sigogne »; il dirigea la paroisse jusqu'à sa mort en 1844. Le père Sigogne, qui avait exercé le métier de tourneur de bois en France, se mit immédiatement au travail en achetant une grosse bûche pour 0,87 $ afin de fabriquer des fonts baptismaux.

Le 3 juin 1803, monseigneur Pierre Denaut, évêque de Québec, arriva à la baie Sainte-Marie par bateau; ce fut la toute première visite d'un évêque dans la région. Au cours des trois jours qu'il y passa, il désigna l'emplacement d'une nouvelle église et précisa ses dimensions. Celle-ci devait être construite à l'est du chemin principal, sur une terre appartenant à la paroisse. Un acre supplémentaire fut réservé pour un cimetière. La nouvelle église devait avoir une longueur de 60 pieds (18 m) et une largeur de 32 pieds (9,7 m), des murs d'une hauteur de 16 pieds (4,8 m) ainsi qu'une sacristie de 10 pieds (3 m) par 15 pieds (4,5 m). Les travaux commencèrent le 8 juin 1806 et s'achevèrent le 13 janvier 1808. La bénédiction de l'église eut lieu le 1er mai de la même année. Cette église était si grande par rapport aux autres qu'on décida de l'appeler la « grande église », nom qui est resté jusqu'à aujourd'hui.

Le 10 septembre 1820, un incendie se déclara à Petit-Ruisseau et se poursuivit sans incident jusqu'au 12 septembre, lorsque le vent changea de direction. L'incendie se propagea alors vers Pointe-de-l'Église, décimant tout sur presque 6,5 km, c'est-à-dire 18 maisons, 23 granges, l'église et le presbytère. Seules deux maisons restèrent debout. Entre 1820 et 1829, on s'employa donc à tout reconstruire, y compris l'église et le presbytère.

La nouvelle église fut achevée en 1829 et servit jusqu'en 1903, année pendant laquelle débutèrent les travaux de l'église actuelle sous la direction du père Pierre-Marie Dagnaud qui avait alors pris les fonctions de pasteur de la paroisse en 1902. La bénédiction de la pierre angulaire eut lieu à 10 h le 19 juin 1903, au coin nord-est du bâtiment.

La bénédiction de l'église eut lieu deux ans plus tard, en 1905. Étant la plus grande église en bois en Amérique du Nord, ce chef-d'œuvre de menuiserie a été érigé par Léo Melanson, maître-charpentier de Petit-Ruisseau, sous la direction du père Pierre-Marie Dagnaud et avec la collaboration de tous les paroissiens. M. Melanson, qui construisit de nombreuses églises, était analphabète, mais réussit à suivre les plans d'Arthur Régnault, un architecte français de Rennes, en France, qu'il adapta selon les besoins. Ces plans reprenaient ceux de l'église en pierre du village français du père Dagnaud, Bain-sur-Oust, et devaient donc être adaptés à la construction d'une structure en bois.

Épousant la forme d'une croix, cette église entièrement en bois mesure 190 pieds (58 m) de long et 135 pieds (41 m) de large. La hauteur de plafond est de 63,3 pieds (19,3 m), et le clocher s'élève à 185 pieds (56,4 m). Quarante tonnes de roches ont été placées à la base du clocher en guise de ballast pour le protéger contre les vents de la baie Sainte-Marie.

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Aujourd'hui, l'église est un véritable musée vivant possédant deux salles d'exposition dédiées aux objets et reliques d'une époque révolue. Des panneaux racontent l'histoire de la paroisse et de l'église. Le musée, qui a été créé en 1969 dans une petite pièce située à l'arrière, a été élargi en 2000 à l'ensemble de l'église; de plus, une boutique de souvenirs a été ajoutée. L'église est ouverte aux visiteurs de la mi-mai à la mi-septembre et sur rendez-vous le reste de l'année. Sa fonction première se poursuit pour tous les types de cérémonie religieuse, et l'Université Sainte-Anne y tient chaque année sa cérémonie de remise des diplômes.

Le livre de souvenirs choisi pour le projet Albums communautaires retrace l'histoire de la paroisse et documente la construction de l'église ainsi que des événements importants comme la consécration de l'évêque Albert Leménager et l'ordination des pères Maximin LeBlanc et Élie LeBlanc, qui ont eu lieu dans la paroisse.

Pour en savoir plus sur l'église Sainte-Marie, consultez notre site Web.