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Musée de la Nouvelle-Écosse
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La chélydre serpentine (tortue hargneuse)

Chelydra serpentina serpentina (Linné)


La tortue hargueuse est la plus grosse de nos tortues aquatiques; sa carapace peut mesurer plus de 50 cm de long. On la reconnaît à sa grande taille, à ses membres forts et musclés, à sa longue queue et enfin aux écailles en dents de scie à l'arrière de sa carapace. Les algues qui recouvrent la carapace lui donnent un teint vert, tantôt foncé, tantôt tirant sur le gris. Son plastron est relativement petit : elle est donc incapable de se retirer complètement dans sa « boîte ». On dirait qu'il s'agit d'une tortue de taille dix dans une carapace de taille six! Ce fait, et la lenteur de son allure sur terre expliquent peut-être son attitude hargneuse si elle se voit menacée : la meilleure défense, c'est l'attaque! Elle se dresse sur ses pattes d'avant et s'élance pour mordre avec rage. Son cou est incroyablement long : il mesure au moins la moitié de la longueur de la carapace. Dans l'eau, par contre, elle est plus timide et s'éloigne doucement à votre approche. La femelle ne quitte l'eau que vers la fin juin ur pondre ses œufs. Si vous la voyez, laissez-la tranquille ; surtout n'y touchez pas!


La tortue hargneuse affectionne les eaux calmes de lacs et rivières riches en végétation. Elle a du flair et trouve ainsi ses proies : poissons, amphibiens, crustacés, têtards, insectes. À la différence de la tortue peinte, on la voit rarement se chauffant au soleil. Elle passe l'hiver sous l'eau. Cette tortue abonde surtout dans le sud-ouest de la province. Il y a eu trois observations au Cap-Breton, mais on croît qu'il s'agit d'animaux captifs mis en liberté. Si jamais vous trouvez une chélydre serpentine au Cap-Breton, veuillez bien nous en informer.



Quelques détails supplémentaires


La Chélydre comprend deux sous-espèces : la Chélydre serpentine (Chelydra serpentina serpentina) est répandue presque partout dans l'est de l'Amérique du Nord ; la Chélydre serpentine du Sud-est des États-Unis (C. s. osceola) se trouve en Floride et dans le sud de la Géorgie. On appelle les deux communément des tortues happantes.


Au Canada l'aire de la Chélydre serpentine s'étend depuis la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick jusqu'au sud de la Saskachewan. Aux États-Unis on la trouve dans la plupart du centre et l'est du pays, jusqu'au golfe du Mexique dans le sud et aux Rocheuses dans l'ouest.


En Nouvelle-Écosse elle est répandue dans le sud-ouest et moins commune dans le nord-est, à partir du comté de Halifax.


Longueur moyenne de la carapace : entre 22 et 35 cm.


De bon matin, ou le soir, quand les eaux sont calmes, la tortue happante s'aventure à la surface de l'eau et sort la tête, comme si elle était en train de regarder le paysage.


Vers la fin de juin ou au début de juillet, au point du jour ou le soir, la femelle émerge de l'eau pour creuser son nid. Elle peut choisir un rivage sablonneux à quelques mètres de l'eau, ou bien voyager cent mètres et même plus pour déposer ses oeufs au bord d'une petite route de campagne. On a rencontré des oeufs parmi le gravier au bord des routes, dans des jardins et des tas de sciure de bois.


Basé sur l'observation de huit nids, on a conclu que la femelle pond de 19 à 41 oeufs ronds par an.


Les petits naissent entre la fin septembre et la fin octobre. Ils peuvent y passer tout l'hiver si la température de la surface du sol tombe au-dessous de celle du nid.


Le menu de la tortue happante se compose d'invertébrés aquatiques, de poissons, d'amphibiens et, à l'occasion, d'oiseaux et de petits reptiles et mammifères. Elle avale ses proies sous l'eau.


Cette espèce a un très bon odorat mais sa vue est limitée.


Normalement la tortue happante s'écarte à votre approche, même dans l'eau. Néanmoins il faut insister que c'est de la pure folie que d'essayer de prendre une tortue happante dans l'eau, ou de déranger la femelle au moment où elle prépare son nid. Si elle se voit menacée cette tortue se relève et s'élance farouchement vers son ennemi pour lui donner une grosse morsure avec ses gencives cornées et acérées.


La longueur de son cou est vraiment étonnante : il lui permet de renverser jusqu'à mi-dos. Il est donc imprudent de tenir cette tortue par la carapace. S'il faut absolument la manipuler, avancez sur lui de derrière, saisissez-la par la queue et tenez-la éloignée du corps. Assurez-vous que c'est le côté du plastron qui vous fait face.


À propos, voici une remarque de Nicolas Denys, qui pourrait faire allusion à la tortue happante ou à la Tortue peinte. Ce colonisateur, après avoir passé quarante ans ici au XVIIe siècle, nous a laissé un compte rendu coloré de la vie en Acadie : Description historique et géographique des côtes de l'Amérique septentrionale (1672).


Note à nos lecteurs et lectrices : il faut se rappeler qu'au XVIIe siècle l'orthographe du français écrit n'était pas tout à fait réglementée!


... Dans les mesmes étangs l'on prend de la tortuë. Il s'en trouve d'aussi grandes que le tour d'un chappeau. L'écaille de dessus est rayée de couleur rouge, blanches & bleuës. C'est un tres-bon poisson. Étant boüilly on oste l'écaille, puis on la pelle, on le couppe par morceaux, le met à l'étuvée ou fricassée avec une sauce blanche. Il n'y a point de poulets qui vallent cela.


Tortues d'eau douce et terrestres

La tortue peinte de l'Est

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La chélydre serpentine (tortue hargneuse)

La tortue mouchetée


Tortues marines

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La tortue bâtarde

La caouane


Renseignements sur les Tortues

L'observation des tortues